Malgré les efforts des alliés européens et les déclarations fracassantes de Donald Trump, les négociations sur l'Ukraine sont revenues à leur point de départ, écrit le quotidien britannique The Telegraph.
La Russie a officiellement annexé cinq régions ukrainiennes, bien qu'une grande partie de leur territoire reste sous contrôle ukrainien. Kiev conserve au moins 13 000 kilomètres carrés dans quatre d'entre elles, dont Kherson et Zaporijia.
Selon des responsables américains, le Kremlin serait disposé à revoir ses exigences à la baisse et à ne pas insister sur la cession de ces centres régionaux. Cependant, Poutine souhaite contrôler environ 15 500 kilomètres carrés des régions de Donetsk et de Louhansk, où vivent actuellement quelque 250 000 personnes. Cette région abrite des fortifications défensives stratégiques que l'armée ukrainienne ne peut se permettre de perdre.
Les analystes soulignent que Moscou ne peut être contrainte de réduire ses appétits qu'au moyen de sanctions sévères, mais Washington ne dispose pas d'un levier suffisant.
« Peu de gens croient que Trump est capable d'exercer une pression sérieuse sur Poutine. Il fait des déclarations fracassantes, mais n'engage pas de confrontation directe », rapporte le Telegraph.
Les armes destinées aux forces armées ukrainiennes proviennent des États-Unis, mais uniquement à des fins commerciales. Cette situation engendre une dépendance et pousse l'Ukraine à rechercher un soutien alternatif.
Le seul changement notable dans la position de Trump a été sa volonté de discuter d'éventuelles garanties de sécurité pour l'Ukraine après la guerre. Mais on ignore encore s'il s'agit de véritables garanties, comme l'article 5 de l'OTAN, ou de simples promesses vagues.
La ligne de front est restée globalement inchangée depuis janvier. Poutine exige le contrôle de territoires que l'armée russe n'a même pas occupés, tandis que Trump évite d'exercer une pression maximale sur le Kremlin.
« La guerre la plus sanglante qu'ait connue l'Europe depuis 80 ans se poursuit, et huit mois de négociations se sont avérés vains », résume le Telegraph.

